La Basse Cour, tiers-lieu nourricier
Vous connaissez peut-être cette guinguette nichée au cœur de la Prévalaye, avec sa scène culturelle et ses bons petits plats qui se dégustent à l’ombre des arbres. Ouvrons les portes du tiers-lieu La Basse Cour, dont Scarabée est partenaire.
À quelques encablures du quartier de Cleunay, passé la passerelle qui enjambe la rocade, la Prévalaye offre au promeneur ou à la promeneuse un espace boisé, des jardins potagers, des clairières baignées de soleil ou de brume selon l’humeur du ciel, des champs cultivés et des prairies naturelles… et une ancienne ferme investie depuis quelques années par des citoyennes et citoyens engagés. Cette ferme, c’est La Basse Cour. Un beau bâtiment en pierres de schiste rouge, une étable accueillant maintenant spectacles et conférences, un poulailler transformé en bar, un jardin ombragé et un accès direct au potager agroécologique du Jardin des Mille Pas.
Nourritures terrestres et culturelles
Créer des espaces de partage et de réappropriation de nos nourritures, c’est la raison d’être de ce tiers-lieu « agriculturel ». Transition alimentaire et culture : les deux faces d’une même pièce, celle d’une communauté qui prend soin des liens qui la tisse.
« On dit souvent que le mot « culture » est à l’intérieur d’« agriculture ». Je trouve ça beau, cette imbrication. » Éléonore Havas, une des fondatrices du projet.
À La Basse Cour, on peut apprendre les bases de la permaculture, se former à la cuisine durable, fleurir le jardin, assister à des conférences… On peut aussi déguster une bière bio locale ou un plat mitonné avec les légumes du jardin, apprendre à faire des confitures ou découvrir les plantes sauvages comestibles. Et pourquoi se priver de danser et chanter devant une scène artistique locale ? Les possibilités sont innombrables, pour peu qu’elles permettent la rencontre.
À la croisée des mondes
Faire se croiser les mondes, tel est le credo de l’équipe foisonnante de ce tiers-lieu précieux. Et un jeudi de printemps, on aura pu croiser dans le même temps des habitantes et habitants du quartier venus bricoler pour préparer la réouverture de la guinguette, des jeunes en difficulté sociale s’essayant à la menuiserie, des enfants en train d’apprendre à faire des semis, des détenus en formation aux métiers du paysage, de futures cuisinières et cuisiniers expérimentant la création de pickles. Plus de soixante personnes qui ne se seraient pas forcément rencontrées autrement !
C’est cela, la magie d’un tiers-lieu. La possibilité de s’approprier un espace commun et la rencontre, parfois inattendue, qui crée de la richesse. Et puis surtout l’énergie collective pour continuer à rendre le monde plus beau.
Si La Basse Cour est si vivante, c’est qu’elle est portée par trois piliers complémentaires : le Jardin des Mille Pas côté agroécologie, le Collectif Agriculturel de la Prévalaye côté social et culturel et la coopérative de La Basse Cour côté espaces et restauration. C’est aussi qu’elle est le reflet de cent cinquante personnes qui s’engagent bénévolement pour la faire à leur image : diverse, curieuse, conviviale, expérimentale.
Une année de La Basse Cour en quelques chiffres
bénévoles
personnes formées ou sensibilisées à la cuisine durables et aux enjeux alimentaires
productrices et producteurs engagés
repas bio et/ou locaux servis
personnes devenues passeuses de transition
Tiers-lieu en maîtrise d’usage
Redonner vie à cette ancienne ferme propriété de la Ville de Rennes est un travail qui dure depuis 2018, avec un mode de faire : la maîtrise d’usage. En clair : on s’installe, on fait, on ajuste. Habitantes et habitants du quartier de Cleunay et d’ailleurs, jardinières et jardiniers amateurs, jeunes en insertion, enfants des écoles, associations paysannes et paysans… tout le monde fait sa part !
Prochaine étape du projet : réhabiliter la bâtisse centrale pour la rendre accessible au public. « La programmation architecturale se fait de manière contributive, pour dimensionner l’aménagement selon notre usage réel, à notre mesure » explique Éléonore. Ces derniers mois, une cuisine partagée a été expérimentée avec les moyens du bord et a servi aux bénévoles. Elle a aussi permis d’accueillir des ateliers de cuisine et de transformation des produits du jardin. Une manière de déterminer les besoins réels de la future cuisine partagée qui prendra place dans le bâtiment.
En attendant, le chantier se fera comme tout ce qui se fait ici : en mode participatif. Il ne sera pas réservé uniquement à des professionnel·les du bâtiment mais servira de support de formation. Un autre secret de l’appropriation de cette Basse Cour qui ne vole décidément pas sa qualité de citoyenne.
Scarabée est fière de nouer un partenariat solide avec ce collectif précieux. Les passerelles sont nombreuses entre acteurs de l’économie sociale et solidaire qui mettent l’alimentation au cœur !
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