Skip to main content
Accueil > Actualités > Bien-être > Cosmétiques au naturel

Cosmétiques au naturel

Parce que la nature dispose de tout ce dont notre peau a besoin, les cosmétiques bio, naturelles et paysannes sont des alliées de choix pour prendre soin de soi tout en prenant soin de la planète.
11 min


Parce que la nature dispose de tout ce dont notre peau a besoin, les cosmétiques bio, naturelles et paysannes sont des alliées de choix pour prendre soin de soi tout en prenant soin de la planète.

Vous avez dit cosmétique bio et naturelle ? il faut que je vous avoue quelque chose. Avant de mettre un petit pied dans le joyeux monde des cosmétiques, je n’y connaissais absolument rien ! En dehors du savon de Marseille à l’huile d’olive, du shampoing doux et du dentifrice à la menthe bio, ma trousse de soin se limite à un peu de crème solaire l’été. Alors, quand nous avons décidé de décrypter pour vous les enjeux d’une cosmétique non seulement bio, mais surtout naturelle, mille questions se sont posées à moi. Et ça tombe bien, car j’ai pu y répondre, avec la complicité des conseillères et conseillers de Scarabée, des spécialistes de la coloration végétale de notre salon de coiffure et de quelques productrices aux petits soins avec notre peau. Aujourd’hui, je vous livre le résultat de mon exploration dans la salle de bain.

LE SAVIEZ-VOUS ?
Le Code de la santé publique (article L5131-1) définit le produit cosmétique comme une « substance ou un mélange destiné à être mis en contact avec les parties superficielles du corps humain (l’épiderme, les systèmes pileux et capillaire, les ongles, les lèvres et les organes génitaux externes) ou avec les dents et les muqueuses buccales, en vue, exclusivement ou principalement, de les nettoyer, de les parfumer, d’en modifier l’aspect, de les protéger, de les maintenir en bon état ou de corriger les odeurs corporelles ».

À chaque type de peau son produit adapté

Reprenons à la base. C’est quoi un produit cosmétique ? C’est d’abord un produit que l’on applique sur sa peau ou ses cheveux pour en prendre soin. Les savons, shampoings, déodorant, crèmes de jour ou de nuit, crèmes solaires, baumes à lèvres mais aussi fonds de teint, colorations capillaires, dentifrices et même parfums font partie des produits cosmétiques. Mais ça veut dire quoi prendre soin ? Et bien peut-être d’abord nourrir notre corps en fonction de ses besoins et de sa nature singulière.

Sérums, baumes, fluides, crèmes : les possibilités sont multiples pour nourrir sa peau tout en prenant un temps pour soi où la sensorialité est reine.


Règle numéro un : utiliser un produit adapté à sa peau, à commencer par le nettoyant. En fonction de notre environnement, de nos habitudes alimentaires, de notre équilibre hormonal, de notre âge ou tout simplement de la météo, notre peau peut être sèche, déshydratée, grasse ou mixte. L’usage de produits d’hygiène et cosmétiques adaptés permet de lui apporter ce dont elle a besoin. « Huile, lait, eau micellaire, mousse, savon en pain… cela dépend des goûts de chacun chacune et surtout de la nature de la peau » explique Axel, conseiller dans notre magasin de Saint-Grégoire.

Quels produits pour quels types de peau ?

Votre type de peauPréférez utiliserVos ingrédients-clés
Peau normale à mixte
Brillance sur la zone T (front, nez, menton), tiraillements sur les joues et les tempes
Démaquillant doux, lotion tonique
Crème hydratante légère ou matifiante
Gommage doux, masque hydratant ou purifiant
Noisette, jojoba, hamamélis, lavande, fleur d’oranger et mélisse
Peau grasse
Film gras, brillante, irrégulière, boutons et points noirs, pores dilatés
Gel ou mousse nettoyante
Soin matifiant (matin), soin traitant (soir)Masque purifiant
Noisette, nigelle, hamamélis, lavande, géranium, zinc, propolis, menthe poivrée
Peau sèche
(manque de sébum)
Desquamante, tiraillements
Lait et lotion tonique sans alcool
Soin contenant des huiles ou beurres végétaux
Avocat, bourrache, macadamia, fleur d’oranger, rose, karité, miel
Peau déshydratée
(manque d’eau)
Tiraillements, stries
Démaquillant doux sans savon
Soin hydratant et protecteur
Masque doux et hydratant
Jojoba, amande douce, noyaux d’abricot, fleur d’oranger, rose, aloé vera
Peau sensible
Fine, réactive, rougeurs, irritations
Eau micellaire
Soin hypoallergénique
Éviter les gommages
Informations Biocoop

Il y a le soin adapté à chacune des peaux, il y a aussi la sensibilité de chaque personne : le besoin de sensorialité diffère selon chacun·e. Tandis que certain·es cherchent l’efficacité avant tout et passent une minute top chrono dans la salle de bain, d’autres considèrent le moment de la toilette comme un véritable rituel qui procède autant de l’hygiène que d’un temps pour soi dans une perspective de bien-être général. Quand certain·es courent des kilomètres sur le halage ou enchaînent les longueurs de piscine ou les postures de yoga, d’autres prennent le temps d’apporter à leur corps ce dont il a besoin « matériellement ». De l’eau, du gras, des vitamines, des minéraux. Et aussi un moment suspendu où les sensations prennent le pas sur le mental. D’ailleurs, lorsqu’Axel conseille une personne, il établit toujours un diagnostic personnalisé en posant tout plein de questions sur la nature de sa peau, ses sensations du moment, mais aussi sur ses attentes en termes de sensorialité : « la sensorialité c’est très important : on est dans un moment pour soi, c’est du soin. Les textures, les odeurs font aussi partie de l’expérience et des choix des personnes. »

Pour bien conseiller, Axel dresse un diagnostic en recueillant des informations sur les habitudes de la personne, les produits qu’elle peut utiliser ou pas, son ressenti du moment au niveau de la peau…

Si tout ce que nous appliquons sur notre peau et nos cheveux est censé les nettoyer et les nourrir, il faut savoir que les produits ne restent pas à la surface mais pénètrent la peau, c’est d’ailleurs l’intérêt-même du produit cosmétique. Et tout comme ce que nous mangeons, les crèmes, baumes et autres sérums rejoignent in fine le plus intime de notre corps. Alors, lorsque l’on s’enduit de produits à base de substances pétrochimiques, comme le silicone par exemple, qui a pour principal avantage de donner une certaine texture au produit, douce et soyeuse, elles pénètrent la peau en profondeur, puis finissent par rejoindre la circulation sanguine. Du pétrole dans le sang ? Beurk ! Je ne suis pas sûre que ce soit ce que nous recherchions quand on utilise un baume nourrissant…

« Le produit cosmétique est un entrant dans notre corps. Qu’il soit rincé ou pas, nous sommes au contact des molécules qu’il y a dedans. Plus il est propre, plus il est bio, plus les matières premières sont brutes, moins il est nocif. »

Aurélie Landemaine, La Fabrik à Bulles

Halte à la fast cosmétique !

Au-delà de l’expérience sensorielle, si nous utilisons tous et toutes chaque jour des produits cosmétiques – même les plus élémentaires – ce que nous recherchons c’est leurs effets très concrets sur notre corps. Notre peau est déshydratée ? Il lui faut de l’eau en profondeur. Elle est desséchée par le froid ou les agressions extérieures ? Il lui faut de la matière grasse. Elle est brûlée par le soleil ? Il faut la régénérer. Elle est rougie et nous démange ? Il faut l’apaiser…

Cela, les as du marketing et des cosmétiques conventionnelles l’ont bien compris et créent mille et une recettes issues de cellules de recherche et développement toutes plus imaginatives les unes que les autres pour trouver une solution à chaque problème, quitte à ce que les produits miracles se bousculent au portillon, chassant le petit dernier sans ménagement et le poussant aux oubliettes pour mieux vendre le dernier né. Les cosmétiques n’échappent pas à la « fast culture », une mode après l’autre. « Avec la chimie on va vite explique Axel, en cosmétique conventionnelle, il y a des nouveautés chaque jour, avec des effets de mode : le rétinol, la vitamine C… on sort des produits très rapidement, à grande échelle. » Quitte à utiliser des produits pas jolis jolis, ni pour la peau, ni pour la planète.

« En bio, la formulation prend beaucoup plus de temps explique Axel. Il faut qu’elle réponde à un cahier des charges très exigeant, il faut trouver les fournisseurs d’ingrédients issus de l’agriculture biologique, en quantités suffisantes… ça prend du temps. Alors on a toujours un train de retard. » Ou un train d’avance ?

Stop à la chimie de synthèse !
En plus d’utiliser des ingrédients issus de l’agriculture biologique, le cahier des charges des cosmétiques bio proscrit de nombreux produits chimiques qui sont peut-être bien utiles pour le produit lui-même mais ont des effets délétères sur les personnes qui les utilisent et sur l’environnement. À chacun·e de faire ses choix !

Les parabens sont des conservateurs synthétiques.
Le phénoxyéthanol est utilisé comme conservateur ou solvant.
Le butylhydroxytoluène est un antioxydant.
Le polyéthylèneglycol est un humectant et tensio-actif.
L’étylene-diamine-tetra-acetic est un conservateur séquestrant.
Le silicone est un composant de synthèse très polyvalent, texturant.
Ils sont tous interdits en cosmétiques bio.

Biocoop va même plus loin en interdisant l’ammonium lauryl sulfate et le sodium lauryl sulfate, des tensio-actifs potentiellement irritants ou allergisants.

Le super pouvoir des plantes

J’ai pris conscience d’une chose : les cosmétiques, c’est comme l’alimentation : la nature offre tout ce dont nous avons besoin, pour peu que nous sachions en prendre soin pour la garder bien vivante.

« Chez Scarabée, on utilise les produits pour leurs vertus, en les sélectionnant parce qu’ils sont naturels et n’ont pas d’effet délétère sur la peau ou l’environnement. »

Axel, conseiller cosmétiques au magasin de Saint-Grégoire.

Tout ce que nous cherchons se trouve sous nos yeux. Juste ici. Et cela, ce n’est pas si nouveau ! Comment faisait-on pour prendre soin de sa peau dans l’Antiquité ? Cléopâtre n’avait-elle pas découvert les vertus du lait d’ânesse ? Le millepertuis n’était-il pas déjà utilisé dans la Grèce antique pour apaiser les brûlures de la peau ? Le calendula n’est-il pas reconnu depuis des lustres pour ses vertus apaisantes ? Le beurre de karité n’est-il pas utilisé depuis des centaines d’années dans toute l’Afrique pour nourrir la peau ?
D’ailleurs, Aurélie Landemaine, artisane cosmétique de La Fabrik à Bulles à Saint-Aubin du Cormier, en a fait son ingrédient de base. Faisant une entorse justifiée à sa politique d’approvisionnement local, elle a cherché auprès de dizaines de producteurs LE karité qu’elle voulait : non désodorisé mais pas trop odorant pour plaire à nos narines occidentales, pur mais naturellement crémeux pour être étalé sur la peau sans gratouiller au passage.

Le karité, un produit de terroir

Le beurre de karité, extrêmement riche en acides gras et vitamines A, E et F, est issu d’une noix contenue dans le fruit du karité. Cet arbre ancestral pousse surtout en Afrique. Selon les méthodes de production, elles sont d’abord torréfiées au soleil ou recouvertes d’une fine couche de terres. Elles permettront de produire un beurre dont la couleur varie du blanc presque gris à l’orange très foncé, selon le terroir et l’âge de l’arbre qui peut aller jusqu’à trois-cents ans !


La nature est généreuse et les principes actifs des plantes sont des petites merveilles que les fabricants de cosmétiques bio et naturels, petits artisans ou semi-industriels, n’ignorent pas. Et sur lesquels ils fondent même la formulation de leurs produits. De la savonnerie artisanale aux sérums les plus précieux, la gamme est très large de produits doux pour la peau et la planète. Côté laboratoire et procédés de fabrication, la palette est aussi très variée.

Si Endro (qui signifie « environnement » en breton) a débuté en 2019 avec un déodorant en bocal tout à fait artisanal, l’entreprise bretonne a rapidement déployé ses ailes pour proposer aujourd’hui des crèmes, sérums, shampoings solides et tout le nécessaire pour prendre soin de soi avec des formulations simples.

Un peu plus au sud, du côté d’Angers, Douces Angevines cultive son jardin depuis trente ans. Au sens figuré comme au sens propre ! Élaborées avec les plantes et fleurs du jardin, des huiles végétales et des huiles essentielles, les synergies de macérats de ces artisanes pas comme les autres sont des cosméto-fluides qui savent extraire le meilleur des plantes bien vivantes pour le plus grand bonheur de nos peaux exigeantes.

C’est que les principes actifs des plantes ont fait leurs preuves et continuent ! Et Aurélie de La Fabrik à Bulles de nous confier le secret de sa plante-fétiche, qu’elle utilise dans la fabrication de ses baumes : « le calendula c’est LA plante de la peau. Elle a des vertus très apaisantes pour les peaux qui vont avoir tendance à être atopiques, eczémateuses, sensibles au psoriasis… Le calendula ça apaise, ça réduit l’inflammation et ça aide à régénérer les cellules cutanées. »

Alors, pourquoi fabriquer artificiellement ce que la nature nous offre déjà ? les cosmétiques naturelles, c’est (presque) aussi simple que cela !

Pour aller plus loin