Comment fabriquer un baume nourrissant?
Comment fabrique-t-on un baume nourrissant ? Pour le savoir, nous sommes allés à la rencontre d’Aurélie Landemaine, artisane cosmétique de la Fabrik à Bulles qui nous a révélé (presque) tous ses petits secrets.

Chercheuse en biologie, les aléas de la vie et un incendie qui a ravagé tout ce qu’elle possédait, ont vue Aurélie se transformer au détour de la fin des années deux mille dix en productrice de cosmétiques naturelles, après un petit passage par la case formation en aromathérapie pratique à l’école d’herboristerie de Plounéour-Menez. Objectif de la journée : comprendre par le menu la fabrication d’un baume naturel. Résultat : la recette en dix étapes.
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On enfile blouse, charlotte et gants et on nettoie le laboratoire – qui ressemble en tous points à une cuisine professionnelle, lavable du sol au plafond – en passant à l’alcool plans de travail, gamelles, casseroles, fouets et autres ustensiles tout inox.
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On s’assure que l’on connaît la recette sur le bout des doigts. Validée par une toxicologue indépendante qui vérifie l’innocuité du produit pour celle ou celui qui l’utilisera, la recette du baume nourrissant d’Aurélie consigne noir sur blanc tous les ingrédients utilisés, dans quelles proportions et avec quels process. Et ça, c’est hyper important quand même, parce que ce qu’on se met sur la peau pénètre dans la peau, et ce qui pénètre dans la peau rejoint le système sanguin.
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Pour la fabrication, tout se passera dans cette drôle de machine : à la fois cuve, bain-marie et mélangeur, c’est une machine à fabriquer le nougat qui est l’alliée principal de notre productrice de cosmétiques ! Cette machine sert à tout : elle est autant adaptée pour les préparations liquides comme celles du baume ou du savon qui solidifieront par la suite, que pour la crème ou les préparations plus pâteuses comme le solide vaisselle ou le shampoing dont la consistance s’approche de celle de la pâte à pain. C’est vraiment LA machine optimale.
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Le macérat de calendula a été préparé le matin à la chauffe douce du bain-marie pendant deux heures. Il nous attend, prêt à être réchauffé à température douce – soixante degrés maximum – pour préserver les principes actifs des huiles et plantes. Mais à ce propos, d’où viennent les matières premières ? Aurélie ne travaille qu’avec des produits bruts qu’elle source un par un pour leurs qualités paysannes. L’huile de chanvre provient de la ferme de la famille Cloteau à Bain-de-Bretagne, les fleurs de calendula sèches d’une coopérative de cueilleurs et producteurs de plantes basée en Auvergne. Le tocophérol, petit nom de la vitamine E, est ajouté à la concentration de 0,2 % du poids total des huiles végétales. En tant qu’antioxydant, son rôle est de protéger les huiles du rancissement au contact de l’air.
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On ajoute au macérat le beurre de karité, sélectionné là encore avec une grande exigence : bio et brut, non désodorisé, mais surtout très crémeux. En plus, il est fabriqué par une coopérative de femmes du Sénégal oriental qui finance par ailleurs des projets de développement sur place. Labellisé bio et équitable, d’une grande qualité organoleptique, c’est un beurre de karité d’exception, tout simplement.
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On ajoute un peu de cire végétale préalablement mise à température. Il faut aller vite car la cire de carnauba est une cire qui fige très vite. Son rôle dans la composition ? Éviter que le baume ne devienne liquide s’il est exposé à des températures trop élevées, au soleil ou sur un radiateur par exemple.
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Au bout d’un petit quart d’heure, une fois que tous les ingrédients ont été bien mélangés et que la composition est homogène, nous récoltons dans des pichets en inox le précieux liquide qu’il ne reste plus qu’à conditionner. Production du jour : cent petits pots de cinquante grammes, remplis avec soin, doseuse à piston et surtout balance de précision, car ici, c’est au gramme près !
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Cette nuit, les pots redescendront tranquillement en température sous une feuille de papier sulfurisé et le baume figera pour trouver cette texture si douce qu’apprécient toutes les peaux.
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Alors on pourra les refermer avec leur capsule d’aluminium (recyclable) et les étiqueter. À la main ? Non ! Investissement précieux pour préserver son corps de troubles musculosquelettiques : l’étiqueteuse mécanique aide à effectuer en trente minutes et sans douleur ce que nos petites mains auraient passé l’après-midi à faire.
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Et sur l’étiquette : qu’est-ce qu’on écrit ? Excellente question ! L’étiquetage sur les produits cosmétiques, comme sur les produits alimentaires, est extrêmement réglementé. Nom de code : INCI, pour international nomenclature of cosmetic ingredient. Objectif : permettre à tout le monde de comprendre ce qu’il y a dans le produit. Pour autant qu’on parle le langage universel de la cosmétologie, mêlant latin et anglais !