En Boîte le Plat, 100 % réemploi
Depuis cinq ans à Rennes circulent des milliers de petites boîtes en verre. Autant de récipients alimentaires lavables qui accueillent les bons petits plats des commerces de bouche. C’est une véritable mission contre le fléau des emballages jetables que mène le réseau En Boîte le Plat.
En Boîte le Plat, c’est l’histoire de sept jeunes adultes qui ne supportent plus de jeter les emballages de leur pause dej. Vous savez, cette boîte ronde moitié carton moitié plastique qu’on vous offre lorsque vous achetez une salade ou un poke bowl à engloutir à votre bureau ou sur un banc public. Ou bien la barquette plastique, la boîte en carton plastifié, le gobelet de café ou de soda… Tous ces contenants bien pratiques, mais si éphémères qu’ils finissent vite à la poubelle direction l’incinérateur. Ou, un peu moins pire, au recyclage, si tant est qu’on puisse recycler ces matières parfois hybrides.
Face à cette aberration, la petite équipe a inventé un modèle du genre circulaire, avec contenants en verre lavables, consigne et réseau de commerces partenaires. Le principe ? Pouvoir emporter son repas dans une boîte consignée trois euros, que l’on rapportera propre pour la faire remplir à nouveau. Ou la remettre en circuit dans n’importe quel commerce partenaire du réseau et récupérer sa consigne.
Soixante-dix commerces, une conviction : zéro déchet
C’est à l’aube des années 2020 que cette belle idée est née, à Toulouse. Et qu’elle a vite essaimé, en premier lieu à Rennes où l’association Pakadur – qui signifie « emballage » en breton – a donné corps à cette initiative pleine de (bon) sens. Aujourd’hui, ce sont soixante-dix commerces rennais qui constituent le réseau local d’En Boîte le Plat. Dont l’un des petits derniers : Scarabée et ses restaurants Pique-Prune ! Comme une évidence de s’inscrire dans cette dynamique coopérative puisque nous pratiquons depuis longtemps déjà le service en contenants en verre consigné.
« Notre vision commune, c’est qu’il est urgent de sortir la société du tout jetable »
Si les onze antennes du réseau sont très localisées, c’est que comme explique Lucie Delaunay, coordinatrice de l’association rennaise, chaque territoire a ses propres habitudes de consommation. « C’est très territorial les emballages : à Rennes, les boissons ne sont pas beaucoup consommées à emporter, contrairement à Toulouse par exemple, où on boit beaucoup de citronnade. » À Rennes, ce sont les bouchers en revanche qui commencent à être convaincus de la pertinence du service. S’ils n’ont pas été faciles à convaincre au départ, le bouche à oreille entre confrères a fait son travail et l’idée est progressivement adoptée dans plusieurs boucheries rennaises.
C’est aussi que « le lien humain est très important » confie encore Lucie. Car pour faire changer les habitudes, il faut prendre le temps d’expliquer, de lever les doutes sur la facilité d’usage du service, de prouver que les clientes et clients sont prêt·es à sauter le pas si on leur en donne les moyens. Alors, en plus d’assurer la logistique en conditionnant et livrant les récipients et leurs couvercles, à bord d’un vélo harnaché d’une remorque conçue sur mesure et pouvant transporter quatre-cents précieux contenants d’un coup, la petite équipe rennaise se consacre à la sensibilisation au réemploi des emballage et à la réduction des déchets en général.
Quarante-six mille récipients de verre pour un avenir plus beau
Entreprises et écoles d’études supérieures sont friandes de ces temps d’échange qui permettent de prendre conscience de manière ludique de l’aberration écologique que représentent les contenants alimentaires jetables, mais aussi de fédérer les équipes autour d’objectifs positifs. Les ateliers animés par En Boîte le Plat permettent de comprendre l’impact des contenants jetables tout au long de leur cycle de vie. De l’extraction des matières premières qui affaiblit les sols à l’incinération qui consomme de l’énergie en passant par le transport qui produit du dioxyde de carbone, et aussi par la consommation d’aliments dans un contenant en plastique réchauffé, qui n’est peut-être pas complètement inoffensive pour la santé humaine. Les ateliers permettent surtout de se projeter dans un monde plus vertueux où l’on imagine des solutions positives pour se débarrasser une bonne fois pour toutes de la culture du tout jetable.
À Rennes, grâce aux quarante-six mille petites boîtes Duralex en circulation, ce sont 25 000 emballages jetables qui sont évités chaque mois ! L’association rennaise vient de passer le million de contenants jetables évités depuis ses débuts en 2020. Souhaitons-leur, souhaitons-nous, de poursuivre avec la même énergie l’objectif de faire de notre pause repas une occasion de plus de préserver la planète.